Interview de Matt dans Rock On

Interview de Matt dans Rock On
Invités en Italie sur les rives du lac de Come où Matthew Bellamy a élu domicile, nous avons eu le privilège d'écouter 'The Resistance' dans le studio où Muse l'a enregistré. Un cinquième album incisif et bluffant. Le trio anglais ne semble vraiment pas décidé à nous décevoir. Retrouvailles enthousiasmantes avec un Matt en pleine forme. (Nathalie Vincent)

A la première écoute, ce nouvel album est peut-être le plus accessible, simple et direct...
M.B.: Vraiment? Super! Je pense que c'était une très bonne idée de le produire nous-même. On a fait exactement ce qu'on a voulu, et j'espère que les gens vont l'entendre. Je pense qu'il y a des choses sur les deux albums précédents qui ont été un peu mises de côté. On a voulu les ramener sur ce disque. En fin de compte, c'est du pur Muse, s'il doit y avoir un son, c'est celui-là, c'est nous. Toutes les décisions ont été prises par nous trois.

Devenir 1984

Même le titre 'The Resistance', simple et explicite, on est loin de 'Black Holes and Revelations'...
Oui c'est un titre d'une évidence affligeante (rires).

A l'image du disque?
Clairement. Il n'y a pas de confusion, enfin pas trop, un petit peu quand même. La signification de cet album est assez forte. Avant, j'aurais parlé de conspirations. Sur ce disque j'ai voulu faire quelque chose de très encré dans la réalité, parlant de ce qu'il se passe en Angleterre depuis ces sept dernières années. Les anglais sont usés par la situation: un système parlementaire catastrophique, un premier ministre que tout le monde déteste, dont on ne peut se débarrasser et qu'on a pas élu. Grâce à lui, on a été impliqué dans deux guerres parce que monsieur Tony Blair est ami avec l'Amérique, sans parler de la crise. Les gens sont fatigués et surement honteux de cette situation (rires). par le passé j'étais plutôt évasif et insouciant par rapport à ce genre de truc. Aujourd'hui, je veux que les choses changent, et je le dis clairement. L'Angleterre est entrain de devenir '1984' (Livre culte de George Orwell), on a plus de caméras de surveillance que n'importe quel autre pays au monde. La rupture entre le peuple et l'autorité est flagrante. Nous n'avons aucun contrôle. L'Angleterre a fondamentalement besoin d'une révolution. Les choses doivent changer, et c'est ce qu'exprime cet album. Il y a aussi une histoire d'amour dans 'The Resistance', un peu perdue au milieu du tumulte. Nos textes ont toujours été un peu plus spectaculaires que concrets. Cette fois-ci, je me suis senti assez fort pour parler plus clairement. J'ai relu '1984' il y a un an et ma perception de ce livre a changé. Là, j'étais bien plus intéressé par la relation des héros Winston et Julia, leur histoire d'amour est leur seul espace de liberté, l'amour devient une forme de résistance, je pense que c'est l'émotion centrale de l'album. L'idée d'une romance au milieu d'une situation dramatique, c'est une version théâtrale de ma vie (rires).

Tu n'habites plus en Angleterre depuis quelques années, c'est cet éloignement qui t'as fait prendre du recul sur la situation?
Oui, je crois que quand les gens quittent leur pays, ils s'adaptent à leur nouvel environnement ou deviennent encore plus extrême dans leur nouvelle identité, tu vois ce que je veux dire? J'ai rencontré des gens qui sont partis aux Etats-Unis et se sont mis à avoir un accent américain, à adopter un autre style vestimentaire ou, au contraire, qui sont devenus d'embarrassants clichés de l'Anglais type qui boit du thé chaque jour et lis les journaux, peut-être parce qu'ils se sentent paumés et se retrouvent dans ce personnage qui les rassurent. Je crois que je suis dans cette catégorie-là. Depuis que j'habite en Italie, je me suis surpris à regarder les journaux télévisés anglais, il y a surement une partie de moi qui a le mal du pays.

Un désir de changement et de révolution

Dès le premier morceau, 'Uprising', on sent bien la révolte, c'est un peu un appel aux armes...
Oui, un appel aux armes glam-rock (rires). Avec des claps, des choeurs, c'est vrai. Elle a un côté holligans dans un stade.

Elle représente bien le sentiment d'urgence de ce disque...
Oui, c'est un sentiment que j'ai toujours eu pour les choses qui doivent changer, mes pensées sur nos albums précédents ont toujours été assez abstraites, un peu perdues mais avec des émotions, un désir de changement et de révolution, mais sans être capable de mettre les mots sur les tenants et les aboutissants du problème. Au lieu de faire des généralités, j'ai réussi à me concentrer sur une chose bien précise qui me tient à coeur et le dire directement. Je raconte ce que c'est d'être anglais à travers mes yeux d'Anglais. En vivant ici, même en France ou en Amérique, la déconnexion anglaise est devenue flagrante à mes yeux.

Ça t'es venu naturellement de ne plus te cacher derrières des histoires ou des métaphores?
Oui je crois, cet album est plus ouvert. Je pense que c'est l'âge (rires). Je ne sais pas pour les autres, je parle pour moi, mais quand tu es ado et que tu passes la vingtaine, tu essaies de te changer ou être quelque chose que tu n'es pas. En vieillissant, tu réalises: 'Merde, je ne peux pas changer' (rires), tu dois accepter qui tu es. C'est ce que grandir implique pour moi.

Il semble y avoir plusieurs parties bien distinctes dans 'The Resistance'...
Oui, oui. Les deux premières chansons sont la colonne vertébrale de ce disque, elles étaient très faciles à jouer et à comprendre pour nous, nous les avons enregistrées en premier, pour nous donner confiance, avoir quelque chose de solide et concret, pour ensuite s'échapper un peu, faire des trucs plus fous, comme la symphonie qui nous a pris si longtemps. Je crois que c'est 'Undisclosed Desires' qui est venu après, on a voulu faire quelque chose d'opposé à ce que nous faisons normalement, Dom a choisit de la jouer uniquement sur une batterie électronique et a tout programmé, Chris a décidé de jouer de la basse slappée, comme Flea (bassiste des Red Hot Chili Peppers) ce qui est très risqué (rires). Et je me suis dit que la chose la plus inhabituelle pour moi était de ne pas jouer du tout, seulement chanter. C'est la seule chanson où je n'ai pas d'instrument entre les mains. C'était une expérience très plaisante. Ça ne bouleversera pas le monde de la musique, mais ça a un peu bousculé le nôtre.

Elle risque d'être bizarre à jouer sur scène pour toi, j'ai du mal à t'imaginer seul au micro...
Je vais me trouver un clavier des 80s à mettre en bandoulière ou un truc comme ça (rires). J'ai trop peur de ne pas avoir de guitare (rires).

Tu peux me parler de la surprenante chanson 'I Belong to You' où tu t'essais au français...
Oui, piètrement (rires)! Ma prononciation est horrible. Nous avons piqué des éléments de musique classique. L'outro de cette chanson est du Chopin et le milieu vient d'un opéra français 'Samson et Dalila' de Camille Saint-Saëns. Je dis: 'Ah! Réponds à ma tendresse, verse-moi dans l'ivresse' c'est tout ce que je dis, et c'est déjà bien assez périlleux. J'ai pris le texte de l'originale, c'est peut-être du vieux français, je l'ai écouté par des chanteuses d'opéra et j'ai essayé de calquer ma prononciation sur la leur. Ça donne ce que ça donne (rires). C'est mon passage d'opéra préféré au monde, il est magnifique, et en français !

# Posté le dimanche 13 septembre 2009 07:42

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Muse vont participer aux Video Music Awards (MTV) ce soir à New-York. Vous pourrez découvrir leur prestation en VF jeudi 17 septembre sur MTV à 20h40 et en VOST sur MTV IDOL le vendredi 18 septembre à 20h50.
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# Posté le dimanche 13 septembre 2009 03:40

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# Posté le samedi 12 septembre 2009 12:37

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# Posté le vendredi 11 septembre 2009 13:38

Twitter - Enregistrement de Taratata

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# Posté le mercredi 09 septembre 2009 15:25